Coupe du Monde au Qatar : l’URBSFA crée une plateforme d’informations et de concertation sur le Qatar

Coupe du Monde au Qatar : l’URBSFA crée une plateforme d’informations et de concertation sur le Qatar

L’URBSFA réunit la FIFA, les organisations de défense des droits de l’homme et plusieurs syndicats autour de la table pour partager des informations et se concerter sur la situation au Qatar

Au cours de ces derniers mois, l’URBSFA s’est concertée avec différents acteurs sur la situation des travailleurs migrants au Qatar. Ces entretiens ont mis en évidence la nécessité d’avoir des informations précises ainsi que la volonté d’instaurer ensemble des améliorations durables. C’est pour ces raisons que l’URBSFA a décidé de créer, le mercredi 25 août 2021, une plateforme d’informations et de concertation sur le Qatar après avoir réuni la FIFA, les ONG Amnesty International Vlaanderen (AIVL) et Amnesty International Belgique Francophone (AIBF) ainsi que les syndicats CSC BIE et FGTB Construction autour de la table. « Cette plateforme a pour objectif de permettre aux différentes parties de débattre de la situation et de partager leurs inquiétudes quant aux conditions de travail et de vie des travailleurs migrants au Qatar, de rassembler des informations exactes sur différents thèmes comme les conditions de travail et les droits de l’homme et de les partager ainsi que d’instaurer ensemble des améliorations durables dans cette région du monde », explique Peter Bossaert, CEO de l’URBSFA.

Les membres de la plateforme souhaitent partager leurs expertises et leurs points de vue ainsi que leurs informations et leurs inquiétudes quant aux conditions de travail et de vie de tous les travailleurs impliqués dans l’organisation de la Coupe du Monde (construction, services, sécurité…). Ils souhaitent par ailleurs s’assurer que le football joue un rôle catalyseur durable et permanent du changement au Qatar et au Moyen-Orient dans le domaine des droits de l’homme et des conditions de travail et de vie pour tous les groupes de la population.

« Toutes les parties reconnaissent que le Qatar a réalisé, au cours de ces dernières années, d’importantes avancées susceptibles d’améliorer la situation des travailleurs migrants dans le pays. Ainsi, fin 2020, a été votée une nouvelle loi sur le travail, qui abolit plusieurs éléments fondamentaux de la Kafala, une forme de servage moderne, bien que certains aspects perfides du système demeurent en vigueur. Mais il y a encore beaucoup de pain sur la planche. Nous sommes convaincus que l’organisation de la Coupe du Monde aura un effet de levier à de nombreux égards. Nous devons veiller à ce que la nouvelle loi sur le travail ne reste pas lettre morte et à ce qu’elle soit appliquée concrètement, également après la Coupe du Monde. En outre, nous ne voulons pas uniquement nous concentrer sur le sort des travailleurs migrants dans la construction (des stades), mais aussi sur celui de nombreux travailleurs actifs dans l’hôtellerie et la sécurité ou comme personnel de maison et chauffeurs. Leurs droits sont à l’ordre du jour. Nous voulons nous assurer qu’à l’issue de ce tournoi, le football continuera à jouer un rôle catalyseur durable et permanent dans la région. C’est aussi ce que souhaite la FIFA, qui veut initier des changements en collaboration avec tous les intervenants. »
Peter Bossaert, CEO de l’URBSFA
« Au cours des entretiens avec l’URBSFA et la FIFA, il est apparu que nous étions tous sur la même longueur d’onde. Aujourd’hui, il faut passer à des actions concrètes ; la FIFA doit user de son influence pour favoriser la création d’un centre légitime, agréé et protégé, pour les travailleurs migrants. Pour pouvoir profiter pleinement des réformes votées au Qatar, ces travailleurs doivent être informés de leurs droits. Ce centre devrait s’inscrire dans la droite ligne de l’héritage de la Coupe du Monde 2022. »
Patrick Vandenberghe, Président d’ACVBIE  
« La FGTB Construction estime que l’amélioration des conditions de vie et de travail des nombreux travailleurs migrants, tous secteurs confondus, n’est pas assez poussée ; elle souhaite par ailleurs que cette amélioration soit durable. Les engagements doivent être maintenus au-delà de la Coupe du Monde et doivent être contrôlés par les syndicats internationaux de différents secteurs. C’est pourquoi nous soutenons, avec BWI et FIFPro, la création de centres pour travailleurs migrants leur permettant d’accéder à toutes les informations utiles ainsi qu’aux formations et soutiens nécessaires éventuels. » Brahim Hilami, Secrétaire Fédéral FGTB Construction
« Bien que le Qatar ait instauré d’importantes réformes ces dernières années pour mieux protéger les droits de l’homme des travailleurs, de nombreuses questions demeurent quant à l’application et le respect de ces réformes sur le terrain. Le gouvernement qatari a une immense responsabilité. À l’approche de la Coupe du Monde 2022, il est primordial que le monde du football joue un rôle actif dans l’évolution des droits des deux millions de travailleurs migrants sans qui la Coupe du Monde 2022 ne serait tout simplement pas possible. L’initiative de l’URBSFA est donc un pas dans la bonne direction. » François Graas, coordinateur campagnes et plaidoyer chez Amnesty International Belgique Francophone

Une concertation tous les quatre mois et une page web regroupant tous les rapports
Afin de concrétiser cet engagement, l’URBSFA va lancer prochainement une nouvelle page web rassemblant tous les rapports de la plateforme d’informations et de concertation ainsi que les derniers rapports et chiffres de la FIFA, d’Amnesty International, de BWI concernant les conditions de vie et de travail de même que les droits de l’homme, de la femme et de la communauté LGBTQ au Qatar et dans les pays voisins. Plusieurs dates de concertation ont également été fixées en décembre 2021, avril 2022 et septembre 2022.


Pierre Cornez Press Officer RBFA
Ken Standaert PR Consultant Bepublic