Etudes cliniques : 6 pour cent de demandes de lancement en plus en Belgique

pharma.be souhaite se concentrer davantage encore sur le recrutement des patients pour maintenir notre position de leader à l’échelle européenne

Lundi 9 mai 2016

  • Le nombre de demandes de lancement d’études cliniques en Belgique a augmenté de 6 %
  • Dans notre pays, quelque 1578 études cliniques étaient en cours l’année dernière
  • La Belgique occupe la 2e position au classement européen du nombre d’études cliniques par habitant
En 2015, notre pays a enregistré une hausse de 6 pour cent des demandes de lancement d’études cliniques avec des patients, ce qui porte le nombre total d’études en cours l’année passée à 1578. La Belgique confirme ainsi sa position de leader européen au niveau des études cliniques menées dans le cadre de l’innovation thérapeutique. « Mais cela ne signifie pas que notre pays peut se reposer sur ses lauriers », ajoute Catherine Rutten, CEO de pharma.be, l’organisation coupole de l’industrie pharmaceutique innovante en Belgique. « Nous devons continuer à renforcer nos avantages concurrentiels au niveau des études cliniques. La mise à disposition en ligne d’informations concernant les études en cours et celles planifiées peut encore être améliorée, tant dans l’intérêt du patient que dans celui du médecin traitant. »

 

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Presque nulle part ailleurs en Europe, vous ne trouverez de pays où sont organisées autant d’études cliniques pour tester des médicaments innovants. En Belgique, le nombre de demandes de lancement de nouvelles études cliniques a augmenté de 6 pour cent par rapport à l’année dernière (484 en 2015 contre 458 en 2014). Le total des études cliniques en cours en 2015, toutes phases confondues, atteignait ainsi le nombre impressionnant de 1578. Parmi celles-ci, une étude sur cinq était dédiée à de nouvelles thérapies destinées aux enfants.

La Belgique, un chef de fil européen des études cliniques

Grâce à cette position de leader, les patients ont accès plus rapidement à des traitements innovants qui sont en phase expérimentale. Ces essais thérapeutiques représentent souvent le dernier espoir pour les patients pour lesquels les autres traitements n’ont offert aucune solution. De nombreuses études cliniques sont dédiées au cancer : en 2015, quelque dix nouvelles demandes en moyenne ont été introduites par mois pour des études cliniques visant à tester de nouvelles thérapies oncologiques. Les autres études en cours étaient entre autres axées sur les maladies digestives, les maladies respiratoires, les maladies du système immunitaire et les maladies du système nerveux central.

Des délais d’approbation rapides pour les demandes

« Nous avons aujourd’hui de nombreux atouts en main dans le domaine des études cliniques. La Belgique compte un grand nombre d’entreprises pharmaceutiques et dispose d’une solide expertise clinique au sein de quelque 70 hôpitaux. Par ailleurs, les procédures d’approbation des demandes de lancement d’études cliniques sont rapides dans notre pays. Cette rapidité constitue un véritable avantage et rend notre pays très attrayant pour la recherche clinique. »

Catherine Rutten, CEO de pharma.be

Mais il ne faut pas que la Belgique se repose sur ses lauriers. Une nouvelle réglementation européenne entrant en vigueur fin 2018 prévoit l’harmonisation des procédures de demande et d’approbation des études cliniques au sein de l’UE. Cette harmonisation pourrait menacer l’excellente position de la Belgique et son avantage en termes de rapidité par rapport aux autres Etats membres européens. Dans ce contexte, les initiatives du Pacte d’avenir conclu avec la Ministre Maggie De Block permettront à la Belgique de maintenir sa position compétitive en termes d’études cliniques.

Les nombreuses études cliniques menées en Belgique représentent avant tout de grands avantages pour les patients. « Il est primordial que notre pays demeure un leader en la matière », souligne Mitchell Silva, lui-même patient atteint d’une maladie pulmonaire orpheline et fondateur de la plateforme Esperity, destinée aux patients. « Pour les chercheurs, mais surtout pour les patients. Certains patients participent à ces études animés par des considérations altruistes, mais la majorité espère bénéficier ainsi d’une autre solution thérapeutique qui donnera de meilleurs résultats. »

Accès aux informations

Mitchell Silva rappelle les difficultés rencontrées en tant que patient :

« Il n’est pas toujours facile de trouver les informations sur les études en cours ou les études planifiées. Souvent, ces informations sont trop techniques ou trop complexes. Il faudrait y remédier. En outre, la participation à une étude clinique devrait être une option dans tout parcours thérapeutique. Une campagne spécifique axée sur les prestataires professionnels de soins de santé est par conséquent une bonne idée. »

Mitchell Silva

Nele Caeyers, porte-parole de l’organisation ReumaNet, aussi destinée aux patients, insiste sur l’importance d’une bonne communication sur les études cliniques.

« Les associations de patients sont trop peu au courant de tout ce qui se prépare au niveau clinique. C’est dommage, car des patients experts formés pourraient donner leur vision des choses sur les projets et poser les questions spécifiques qui préoccupent les patients. Les informations transmises par les patients pourraient conférer une nouvelle dimension aux études en général. Lorsque l’offre de médicaments disponibles ne suffit pas, les études cliniques prennent tout leur sens pour les patients chroniques. C’est une opportunité pour eux de participer à nouveau à part entière à la vie en société. »

Nele Caeyers, porte-parole de l’organisation ReumaNet

pharma.be s’attèle dès lors à améliorer encore le recrutement des patients afin de pérenniser le rôle de leader de la Belgique en matière d’études cliniques.

« Le recrutement doit s’effectuer plus efficacement. Il faut créer une plateforme conviviale et centralisée permettant aux patients et aux médecins d’accéder à toutes les informations sur les études cliniques. C’est en investissant à ce niveau-là, et donc en encourageant l’innovation, que nous pourrons renforcer notre position de leader. »

Catherine Rutten