La banque nationale de données ADN dépasse le cap symbolique des 50 000 traces

L’INCC a enregistré plus de 40 000 échantillons ADN de personnes condamnées

Mercredi 21 juin 2017

  • La banque nationale de données ADN existe depuis 15 ans exactement
  • Cette banque de données est cruciale pour établir un lien entre différents délits ou pour les résoudre
  • Deux fois par jour, une correspondance est établie entre une personne et une trace ADN
 

Depuis cette semaine, la banque belge de données ADN compte plus de 50 000 traces ADN. C’est ce qu’a annoncé l’Institut national de Criminalistique et de Criminologie (INCC) qui gère cette banque de données. Les profils ADN sont essentiels pour résoudre les délits : chaque semaine, quatorze traces ADN sont reliées en moyenne, grâce à cette banque de données, à une personne ou à un délit, ce qui permet de faire progresser tout d’un coup des dossiers non résolus. La banque de données comprend également plus de 40 000 échantillons ADN de personnes condamnées et celle-ci continue à s’élargir.
 
Une bande de voleurs qui opère dans différentes provinces ou un violeur en série qui fait des dizaines de victimes : grâce à la banque belge de données ADN, de nombreux dossiers de ce type peuvent être mis en relation les uns avec les autres, voire être résolus. Un mégot de cigarette ou une empreinte digitale sur une poignée de porte peuvent suffire pour établir un profil ADN. Grâce à la banque centrale de données ADN, la recherche de l’auteur du délit peut connaître une avancée majeure.
 
320 traces chaque mois
Depuis cette semaine, la banque de données contient quelque 50 000 traces ADN. Et cela fait exactement 15 ans que cette banque de données a été créée au sein de l’INCC, à savoir en 2002. Chaque mois, 320 traces y sont ajoutées en moyenne.
 
La banque de données se compose en fait de deux parties : une première partie destinée à des fins criminalistiques et regroupant tous les profils de traces recueillies sur le lieu d’un délit et une deuxième partie regroupant tout le matériel génétique des personnes condamnées. Cette dernière s’élargit également chaque année. En ce moment, elle regroupe 42 711 échantillons ADN de personnes condamnées.

“Ce sont les cellules ADN des arrondissements judiciaires qui décident de l’établissement éventuel d’un profil après condamnation. Tout se déroule de toute façon de manière anonyme. Nous ne voyons que des chiffres et des codes. Si nous constatons un lien, nous avertissons le parquet fédéral, et ce n’est qu’à ce moment-là qu’un lien peut être établi entre le profil et la personne en question.”

Séverine Steuve, gestionnaire des banques nationales de données ADN de l'INCC

Deux correspondances par jour
La banque de données prouve en tout cas son utilité. Avec quelque 320 nouvelles traces par mois, il est possible d’établir un lien avec une personne reprise dans la banque belge de données dans 17% des cas. Cela signifie qu’en moyenne, une correspondance est trouvée deux fois par jour entre une trace et une personne et donc qu’une identification est possible.

“C’est un peu comme lorsque l’on joue aux dés. Chaque fois qu’un échantillon est prélevé, vous avez une chance sur six de savoir de qui il s’agit. Nous avons d’ailleurs un champion toutes catégories qui apparaît dans quelque 59 dossiers différents.”

Séverine Steuve


La liste des délits pour lesquels les criminels doivent remettre un échantillon de leur ADN s’est élargie significativement il y a trois ans. Outre le meurtre, l’enlèvement et l’agression sexuelle, cette liste comprend également depuis lors, par exemple, le vol par effraction et la traite des êtres humains. Il ne faut donc pas commettre le délit du siècle pour se retrouver dans cette banque de données. Quelque 39% des profils figurant dans la banque de données concernent des délits de vol avec effraction. Ensuite, apparaissent les vols avec violence (22%). Quelque 13% des cas concernent des faits de moeurs.

“Soulignons également que la banque de données ADN est composée à 90% de profils d’hommes et à 10% de profils de femmes. Un profil qui est repris dans la banque de données ADN y reste pendant 30 ans.”

Séverine Steuve

L’Institut national de Criminalistique et de Criminologie (INCC) est un établissement scientifique fédéral du SPF Justice. Dans le cadre d’enquêtes judiciaires, nous tentons d’identifier l’auteur et son modus operandi grâce à l’analyse forensique des preuves. Nos études criminologiques soutiennent la politique criminelle en Belgique.

Criminalistique: 10 laboratoires forensiques - 5 conseillers forensiques - 2 bases de données ADN nationales
Criminologie: 10 axes de recherche

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Responsable Communication

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