La guerre avec l'Iran incite les Belges à opter massivement pour des contrats de gaz à prix fixe
Alors que le Moyen-Orient est en proie aux troubles, les consommateurs belges choisissent la sécurité. La hausse des prix du gaz nous incite à opter massivement pour des contrats d'énergie fixes. « Alors qu'en février, seuls 25,3 % des consommateurs avaient choisi une formule gaz fixe, ce chiffre est déjà passé à 57 % ce mois-ci », explique Yannick Altruy, expert en énergie de la plateforme de conseil Peasy. Les premières promotions sur les produits énergétiques fixes pour les nouveaux clients disparaissent également.
Depuis lundi, le prix du gaz en Europe a grimpé en flèche pour atteindre 65 euros. En seulement deux jours, la bourse européenne du gaz a enregistré une hausse de pas moins de 70 % et un doublement par rapport au 28 février, où le prix n'était que de 31 euros. Il faut remonter à la mi-janvier 2023 pour que le prix du gaz ait dépassé la barre des 60 euros.

La crainte d'une nouvelle crise énergétique
Ces hausses de prix sont le résultat de l'incertitude qui règne sur le marché de l'énergie. Le Qatar, qui représente 1/5e des exportations mondiales de GNL, a interrompu sa production. En outre, les réserves de gaz en Europe ont fortement diminué après un hiver rigoureux, ce qui met sous pression la sécurité de l'approvisionnement.
L'annonce de ces fortes hausses de prix incite les consommateurs belges à réfléchir sérieusement à leur facture énergétique. Cela se traduit par un passage massif des contrats de gaz variables aux contrats fixes, comme le constate la plateforme de conseil Peasy. Plus de la moitié des consommateurs (52,6 %) ont remplacé leur contrat d'énergie variable par une formule fixe via Peasy. En février, ce pourcentage n'était que de 27,5 %. Ce sont surtout les contrats de gaz qui sont révisés. 57 % des consommateurs ont remplacé leur contrat de gaz variable par une formule fixe, tandis que 50,8 % ont opté pour un prix fixe pour leur électricité. En février, 25,3 % des consommateurs ont respectivement remplacé leur contrat de gaz par une formule fixe. 27,6 % ont fait de même pour leur électricité.
« Le consommateur semble vraiment vouloir en avoir pour son argent. Nous n'en sommes bien sûr qu'à quelques jours, mais nous pensons que cette tendance à passer à des contrats fixes va se poursuivre pendant un certain temps. On constate en effet que les consommateurs craignent une nouvelle crise énergétique avec des prix élevés, d'autant plus que l'on ne peut prédire la fin de cette nouvelle guerre. En optant pour un contrat fixe, on est protégé contre les fluctuations importantes. » - Yannick Altruy, expert en énergie chez Peasy
Altruy prévient également que les prix de l'électricité augmenteront indirectement, mais pas aussi fortement que ceux du gaz.
« En 2024, 17 % de l'approvisionnement en électricité de la Belgique était assuré par le gaz. En effet, en raison de leur grande flexibilité (elles peuvent être mises en service et arrêtées rapidement), les centrales à gaz sont encore souvent utilisées pour équilibrer l'offre et la demande. C'est le cas, par exemple, lorsque l'ensoleillement et le vent sont faibles. Les clients qui optent aujourd'hui pour un prix fixe de l'électricité voudront donc peut-être aussi contrer cette hausse prévisible du prix de l'électricité. » - Yannick Altruy, expert en énergie chez Peasy
Nervosité chez les fournisseurs
Tout comme lors de la crise énergétique de 2022, les consommateurs ne sont pas les seuls à devenir de plus en plus nerveux. Les fournisseurs d'énergie surveillent également de près les hausses de prix.
« Nous constatons que certains fournisseurs deviennent nerveux. Un grand fournisseur d'énergie a déjà mis fin prématurément à ses promotions sur les produits énergétiques fixes pour les nouveaux clients. Selon les chiffres les plus récents, les réserves européennes de gaz ne sont remplies qu'à 30 %. Les réserves belges sont encore 5 % plus faibles. Le printemps approche, mais il y a encore un risque de dernier coup de froid hivernal. La faiblesse des stocks, combinée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, provoque une grande agitation sur le marché. » - Yannick Altruy, expert en énergie chez Peasy
Contact Presse:
Yannick Altruy
Jürgen Eeckhout