Les vols urgents génèrent 13 630 emplois
Une étude de l'Université d'Anvers évalue l'écosystème du hub DHL à l'aéroport de Bruxelles
Les économistes de l’Université d’Anvers (UAntwerpen) Roel Gevaers et Stijn Michielsen ont calculé que chacun des 1 876 emplois à temps plein chez DHL à Brussels Airport génère deux emplois supplémentaires ailleurs en Belgique, soit un total de 5 580 emplois à temps plein, représentant ensemble une valeur ajoutée annuelle de 774 millions d’euros. Parallèlement,les chercheurs soulignent que la connectivité mondiale offerte par DHL depuis Brussels Airport revêt une importance encore plus cruciale. Sur la base d’entretiens avec des clients et d’une modélisation scientifique, ils ont calculé que l’écosystème lié aux vols urgents de DHL depuis Brussels Airport représente au total 13 630 emplois à temps plein. Il s’agit notamment des emplois chez DHL même, mais aussi d’emplois au sein d’entreprises belges clientes de DHL qui, sans vols urgents, devront tôt ou tard envisager de relocaliser tout ou partie de leurs activités.

La nouvelle étude, réalisée de manière indépendante par l’UAntwerpen à la demande de DHL, dresse un état des lieux de l’écosystème actuel lié aux vols urgents de DHL. C’est la première fois que des chercheurs chiffrent l’impact sur l’emploi au-delà des activités propres de DHL à l’aéroport. Il s’agit notamment d’emplois dans des entreprises et institutions pour lesquelles les vols urgents constituent un maillon essentiel de leurs propres processus opérationnels, comme les laboratoires médicaux travaillant avec des échantillons périssables, ainsi que les producteurs ou utilisateurs de radio-isotopes à courte demi-vie, pour lesquels tout retard peut avoir des conséquences directes sur l’utilisation du matériel. Outre les entreprises pharmaceutiques, certains producteurs et utilisateurs de technologies spécialisées destinées aux hôpitaux et aux environnements de production de haute technologie ne peuvent pas non plus se passer de l’organisation actuelle de l’acheminement mondial urgent de leurs envois.
Afin de cartographier l’écosystème lié aux vols urgents de DHL, les chercheurs ont notamment établi une distinction entre, d’une part, les entreprises et institutions qui ne peuvent pas organiser leurs activités sans l’accès rapide et direct aux marchés mondiaux d’exportation proposé par DHL et, d’autre part, les entreprises qui disposent, dans un premier temps, d’alternatives et de possibilités d’adaptation, même si celles-ci s’accompagnent souvent d’une dégradation de leurs services ou de leurs processus opérationnels. Pour le premier groupe, les chercheurs estiment à 1 611 le nombre d’emplois à temps plein concernés ; pour le second groupe, il s’agit de 6 189 emplois à temps plein. Pour quelque 250 emplois, une solution pourrait en revanche être trouvée facilement. L’impact sur les décisions d’investissement des clients actuels et futurs n’a pas été pris en compte dans l’étude, de sorte que le nombre d’emplois « perdus » pourrait encore augmenter.
Une pente glissante
Alors que les vols urgents depuis Brussels Airport constituent un maillon essentiel pour le premier groupe d’entreprises, les entreprises du second groupe peuvent, dans un premier temps, chercher des alternatives. Mais ces solutions ont un prix : les processus opérationnels deviennent plus complexes, les coûts augmentent et la qualité des services proposés aux clients se dégrade. Les chercheurs mettent ainsi en garde contre un cercle vicieux : notre pays deviendrait progressivement moins attractif pour les entreprises et institutions qui dépendent d’envois urgents, faute d’alternative équivalente.
Dans un premier temps, les entreprises resteraient donc probablement actives et pourraient, par exemple, recourir à davantage de transport routier vers Paris ou Cologne afin que leurs marchandises arrivent à destination dans les délais. Mais à mesure que les coûts supplémentaires et les temps de transport plus longs s’accumulent, cette solution devient de moins en moins viable et les entreprises commencent à rechercher des solutions structurelles. À terme, cela pourrait donc contraindre les entreprises à envisager de relocaliser leurs laboratoires, entrepôts ou services de support.
Cet état des lieux de l’écosystème DHL sur lequel les entreprises et institutions s’appuient aujourd’hui ne constitue pas une prévision exacte de l’avenir. Mais il est également plausible que de nouveaux investissements ne voient pas le jour en l’absence d’une connexion efficace au marché mondial.
Un impact économique majeur
L’étude montre donc que l’impact économique serait considérable si DHL ne pouvait plus opérer de vols de nuit depuis Brussels Airport. Près de 7 200 emplois à temps plein seraient menacés à court terme. À plus long terme, 13 380 des 13 630 emplois à temps plein liés à l’écosystème de DHL seraient même « à risque ». Pour seulement 250 emplois, une solution simple pourrait être trouvée.
Toutes les activités de DHL génèrent une valeur ajoutée de 774 millions d’euros par an et sont directement liées à plusieurs des secteurs économiques les plus importants de Belgique. Il s’agit notamment de l’industrie pharmaceutique, des soins de santé, de l’industrie automobile et de la construction mécanique.
La fonction de hub permet de gagner un temps précieux
Selon les chercheurs, le même cercle vicieux — perte d’attractivité et découragement des investissements — pourrait se produire si les envois urgents à Brussels Airport ne pouvaient plus être intégrés directement au réseau international. Cet « accès direct » permet aux clients de gagner deux à trois heures cruciales, sur lesquelles ils comptent à leur tour dans leurs propres processus. Il constitue pour eux un avantage concurrentiel, voire une condition indispensable.
En cas de réduction des créneaux horaires ou du nombre de vols par rapport à la situation actuelle, DHL ne pourrait plus assurer une fonction de hub à Brussels Airport. L’accès dit « direct » au réseau mondial de DHL disparaîtrait et les envois urgents en provenance de Belgique devraient d’abord transiter par une « gateway » avant de rejoindre un hub situé dans un autre pays. Si les clients belges devaient désormais prévoir deux à trois heures supplémentaires, cela pourrait les contraindre à repenser des processus logistiques essentiels. Comme en cas de suppression des vols urgents, une partie des clients ne disposerait d’aucune alternative viable. Pour d’autres clients, une alternative existerait, mais au détriment de la qualité de leurs services. Des échantillons sanguins, par exemple, pourraient seulement être expédiés ou analysés le lendemain. Ce dernier groupe s’adapterait dans un premier temps, avant de rechercher des solutions structurelles en dehors du périmètre géographique de l’écosystème DHL actuel autour de Brussels Airport.
Ci-joint : l’étude complète réalisée par les économistes de l’Université d’Anvers, le professeur Roel Gevaers et le docteur Stijn Michielsen. Les économistes sont disponibles pour des explications et des entretiens.
Final_report.pdf
PDF 2.5 MB
À propos du hub de DHL à Brussels Airport
DHL dispose d'un centre logistique de fret aérien à l'aéroport de Zaventem, le quatrième plus grand centre DHL au monde. Depuis Zaventem, DHL trie et expédie les envois urgents qui doivent arriver à destination en moins de 24 heures (48 heures pour les régions les plus reculées du monde). Le centre logistique trie en moyenne 200 000 envois urgents par jour ouvrable et constitue pour de nombreuses entreprises belges leur porte d'entrée vers le reste du monde. Six envois urgents sur dix proviennent d'entreprises belges ou des régions françaises et néerlandaises voisines. Grâce notamment au hub de DHL, notre pays figure parmi les dix économies les plus connectées au monde.
Arnaud Verwacht



