L'impact des retards de paiement freine la croissance des entreprises belges
Le franchissement d'un seuil critique provoque un effet domino

La part du chiffre d'affaires que les entreprises belges perçoivent en retard a dépassé un seuil critique. Pas moins de 12,33 % des recettes se font attendre, un chiffre supérieur au seuil critique de 12,05 % que les entreprises considèrent encore comme acceptable.
Les conséquences sur l'économie réelle sont immédiatement perceptibles : exactement la moitié (50 %) des entreprises belges indiquent que cela les empêche d'atteindre leurs objectifs de croissance. C'est ce qui ressort de la 29e édition du rapport annuel European Payment Report d'Intrum.
L'effet domino : les entreprises se contaminent mutuellement
Les retards de paiement créent une réaction en chaîne qui ne cesse de s'amplifier. Le « décalage de paiement » dans le secteur B2B – c'est-à-dire la différence entre le délai de paiement convenu et le paiement effectif – est passé en Belgique de 15 jours en 2023 à 21 jours cette année.
Il en résulte un cercle vicieux financier : 58 % des entreprises belges admettent payer elles-mêmes leurs fournisseurs en retard parce qu’elles doivent attendre d’être payées par leurs propres clients. Plus de la moitié (56 %) s’attendent en outre à ce que le risque de défauts de paiement augmente encore davantage au cours des 12 prochains mois, en raison de l’incertitude économique persistante et des pressions financières. Pourtant, pour 62 % des entreprises belges, la croissance reste la priorité absolue pour 2026.
Les entreprises prennent des mesures drastiques : la moitié d'entre elles exigent un paiement anticipé
Pour protéger ces projets de croissance, les entreprises refusent désormais de rester les bras croisés. Six organisations belges sur dix (59 %) prennent actuellement des mesures pour prévenir les retards de paiement.
Ainsi, pas moins de la moitié des entreprises belges (50 %) exigent désormais un paiement anticipé de la part de leurs clients, ce qui représente une augmentation par rapport à l'année dernière (46 %). Par ailleurs, 75 % investissent activement dans de meilleures interfaces de paiement et 40 % effectuent des vérifications de solvabilité. La prévention de la fraude est également en plein essor et est désormais appliquée de manière structurelle par 26 % des entreprises.
Besoin de solutions structurelles pour les fonds de roulement
Guy Colpaert, Managing Director d'Intrum nv, met en garde contre le point de basculement atteint.
« Les entreprises indiquent qu'environ 12 % de leur chiffre d'affaires peut être encaissé en retard sans perturber leur fonctionnement. Cette limite a désormais été dépassée par beaucoup d'entre elles, ce qui témoigne d'une pression croissante sur l'ensemble de la chaîne », analyse M. Colpaert.
Afin de libérer des capitaux immobilisés et de briser cette réaction en chaîne, de plus en plus d’entreprises belges optent pour des solutions alternatives, telles que la vente de portefeuilles de créances impayées (cession de créance).
« La cession de créance transforme les factures immobilisées en liquidités immédiates, sans contracter de dettes supplémentaires », explique Colpaert. « Au niveau macroéconomique, cela réduit les réactions en chaîne liées aux retards de paiement dans les chaînes d’approvisionnement. Les entreprises qui disposent plus rapidement de liquidités peuvent payer leurs propres fournisseurs en temps voulu et continuer à investir. »
La cession de créance trouve son origine dans les entreprises des secteurs de l’énergie, des télécommunications et de la banque, mais elle est également de plus en plus utilisée par les autres créanciers commerciaux. Guy Colpaert y voit toutefois une grande valeur ajoutée sociale pour le secteur public, notamment les villes, les communes et les intercommunales :
« Les autorités locales sont elles aussi confrontées à d’importants défis budgétaires et ont besoin de ces liquidités rapidement », précise M. Colpaert. « En vendant des créances impayées ou des amendes non perçues, elles disposent immédiatement de ressources sans devoir recourir immédiatement à la voie difficile et coûteuse d’une action en justice. Cela leur permet de recouvrer les créances auprès des citoyens de manière beaucoup plus humaine et socialement responsable. »

Chiffres clé pour la rédaction (European Payment Report 2026)
Données belges :
- 12,33 % : Le pourcentage du chiffre d'affaires payé en retard (au-delà du « seuil critique » de 12,05 %).
- 50 % : Le nombre d'entreprises belges qui n'ont pas atteint leurs objectifs de croissance en raison de retards de paiement.
- 21 jours : Le délai de paiement actuel (écart entre le délai convenu et le délai réel) dans le secteur B2B, soit une augmentation par rapport aux 15 jours enregistrés en 2023.
- 58 % : La part des entreprises belges qui paient leurs propres fournisseurs en retard en raison de leurs propres retards de paiement (l'effet domino).
- 56 % s'attendent à ce que le risque de retards ou d'impayés augmente encore au cours des 12 prochains mois.
- 62 % des entreprises donnent la priorité à la croissance malgré l'incertitude économique.
À propos d’Intrum
Intrum est le leader européen de la gestion de crédit et du recouvrement de créances. L’entreprise aide les entreprises, les pouvoirs publics et les consommateurs à atteindre la stabilité financière grâce à une approche responsable, transparente et empathique. Présente dans 20 pays, Intrum accompagne chaque jour des centaines de milliers de ménages vers une situation sans dettes.
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